Goma exposé à des maladies hydriques

Il est 6 heures du matin à Himbi, quartier qui longe le lac Kivu aux abords de Goma, dans le Nord-Kivu, en RDC. Hommes, femmes et jeunes filles viennent s’approvisionner en eau à la « plage du peuple », un des plus grands points de puisage d’eau de Goma. De nombreux habitants de Keshero, Katindo, Himbi, Majengo et autres quartiers non desservis en eau potable parcourent de très longues distances pour venir chercher de l’eau.

Par Passy Mubalama, Goma

Cette situation rend la vie difficile aux femmes et aux enfants qui doivent parcourir de nombreux kilomètres pour acquérir ne serait-ce qu’une seule goutte d’eau potable.

« J’habite le quartier Keshero et je viens chercher de l’eau ici à la plage du peuple, je dois parcourir plus au moins quatre kilomètres pour avoir un bidon de vingt litres d’eau », explique Grace, une jeune fille rencontrée sur place. Grace est issue d’une famille nombreuse et un seul bidon de vingt litres n’est donc pas suffisant. « Je suis obligée de faire au moins trois à cinq voyages pour avoir suffisamment d’eau », explique-t-elle.

« J’ai une grande famille donc c’est très difficile si on doit avoir de l’eau pour lessiver les habits et même pour se laver. Il nous faut puiser au moins dix bidons par jour », explique Mère Solange, une autre jeune fille d’une vingtaine d’années rencontrée à la plage du peuple.

Berceau du choléra
Pourtant, l’eau du lac, impropre à la consommation, est porteuse de germes de plusieurs maladies hydriques, reconnait Clémence Majune la responsable Wash chez Norwegian Church Aid (NCA), une organisation norvégienne à Goma qui appuie les organisations locales dans le traitement de l’eau potable.

« Le lac Kivu est le berceau de vibrions cholériques et la consommation de cette eau expose les populations à des maladies hydriques comme le cholera et beaucoup d’autres. Nous recommandons toujours de chlorer l’eau pour éviter les maladies », poursuit-elle.

Comme plusieurs quartiers comme Munigi, Majengo, Ndosho, Keshero et même le centre ville de Goma ne sont plus desservis en eau potable, beaucoup de jeunes deviennent des revendeurs d’eau à vélo pour subvenir à leurs besoins, faute d’emploi. Grâce à leur vélo, ces derniers transportent l’eau du lac et revendent les bidons aux habitants qui ne peuvent pas se rendre eux-mêmes aux points de puisage.

Coulée de lave
« Le travail que nous faisons est énorme, nous aidons la régie nationale de l’eau et de l’électricité (Regideso) qui n’arrive pas à distribuer de l’eau potable à une grande partie de la ville », laisse entendre Marius kakuru, un revendeur d’eau à vélo qui approvisionne plusieurs familles dans différents quartiers trop éloignés du lac Kivu. « Nous vendons un bidon d’eau à 200 ou 300 francs congolais. Par jour nous pouvons vendre entre 20 à 30 bidons d’eau ».

Alors que cette pratique est bénéfique à ces revendeurs, elle met la population locale en danger. Ces gens sont condamnés à acheter une eau non potable et court ainsi le risque de contracter une maladie d’origine hydrique comme le cholera.

Le problème de l’eau s’est amplifié à Goma lors de la dernière éruption du volcan Nyiragongo le 17 Janvier 2002. La coulée de lave a emporté à son passage toute la tuyauterie qui desservait la ville de Goma en eau potable.

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Une réflexion sur “Goma exposé à des maladies hydriques

  1. […] Mubalama reports [fr] that the Town of Goma in North Kivu, DRC is facing multiple challenges due to shortage of clean […]

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